Connaissez-vous La Ruche qui dit Oui ? Ce dimanche 6 septembre, les responsables de ruches bordelaises et producteurs locaux étaient réunis sur les quais pour présenter aux promeneurs ce système qui permet de « court-circuiter » la grande distribution. Mot d’ordre affiché : « Rassemblons-nous pour acheter les meilleurs produits aux agriculteurs et aux artisans de nos régions ».

Le principe de La Ruche qui dit Oui est simple : en quelques clics, on s’inscrit sur une plate-forme qui permet de commander des produits en ligne directement auprès de producteurs situés à moins de 250 kilomètres (en réalité, la distance moyenne que parcourent les producteurs pour livrer les Ruches est seulement de 43 km). Le jour convenu, on passe récupérer sa commande distribuée le plus souvent par les producteurs eux-mêmes. Explications en images avec cette vidéo (promotionnelle, certes) :

Cela fait maintenant plus de 2 ans que je suis une « abeille », c’est-à-dire que je commande très régulièrement des produits variés : beaucoup de légumes, de la viande également, du pain, mais aussi ponctuellement d’autres produits (farine, fromage, crème fraiche, œufs, huile, lessive, jus de fruit, alcool, confiture…). En fait, une gamme assez large de produits est proposée, mais j’avoue me cantonner le plus souvent à ceux déjà cités pour plusieurs raisons :

  • Les produits « transformés » tels que petits gâteaux ou plats cuisinés m’intéressent moins, même si certains d’entre eux sont très bons.
  • Le prix de certains autres produits me parait un peu dissuasif.
  • Les produits bio ne retiennent pas particulièrement mon attention car leur prix est souvent un peu plus élevé, sans que j’attache réellement de l’importance à ce critère (je préfère une agriculture raisonnée qu’une affiliation à un label qui reste assez vague à mes yeux…).

la ruche qui dit oui logo

Le fonctionnement est assez simple : je reçois régulièrement des mails de Maud, la sympathique et dynamique responsable de la Ruche des Chartrons, pour m’avertir qu’une nouvelle vente est ouverte, avec souvent quelques précisions (nouveaux producteurs, légumes de saison, idées recettes, articles qui pourraient nous intéresser…). Je dispose de quelques jours pour commander les produits qui m’intéressent en quelques clics et payer en ligne. La veille de la distribution, je reçois un récapitulatif avec la liste des produits que je dois venir chercher et mon numéro de commande (dans 95% des cas, il n’y a pas de souci, mais il peut arriver que certains produits soient indisponibles pour des raisons diverses). Le jour de la distribution, je vais récupérer ma commande dans un vieux garage entre 18h et 19h30 (j’ai de la chance, c’est à 5 minutes de chez moi à pied). Nous sommes souvent une bonne centaine à venir récupérer nos produits, mais heureusement les choses sont plutôt bien organisées !

la ruche qui dit oui distribution

J’ai essayé de faire une liste des choses que j’aime à La Ruche qui dit Oui :

  • Les produits sont certes parfois un peu plus chers qu’en magasin, mais d’une qualité souvent incomparable, notamment pour les légumes et la viande !
  • J’aime aller récupérer mon « panier » le vendredi soir, l’ambiance est conviviale, il y a parfois des dégustations. On est pas forcément là pour se faire des amis, mais pour ma part j’ai l’impression de participer à une initiative positive…
  • Je trouve également très pratique le fait de ne pas avoir d’engagement : je choisis moi-même les produits qui me plaisent et dont j’ai besoin, je n’ai pas un montant minimum de commande, ni d’engagement hebdomadaire qui peut vite se transformer en fil à la patte si je ne suis pas disponible le jour de la distribution.
  • Autre avantage, tout est déjà réglé donc pas de problèmes de monnaie… Il peut cependant  arriver que certains producteurs proposent d’acheter des produits sur place (notamment pour les fruits/légumes de saison).
  • Il est agréable de connaître les producteurs : on peut facilement leur faire des retours sur leurs produits, et on peut également découvrir les secrets de fabrication des produits qu’on commande. Il m’arrive de demander des conseils aux producteurs sur comment cuisiner tel ou tel aliment. Par ailleurs, je suis abonné à la page Facebook de l’exploitation de fruits et légumes « Au Jardin de la Rivière », c’est là aussi une manière de prendre conscience qu’il y a des vies derrière les produits que nous consommons.

la ruche qui dit oui producteur

Une des conséquences directes de ma fidélité à La Ruche qui dit Oui ? Je vais bien moins souvent dans les grandes surfaces, car une partie non négligeable de ce que je cuisine est issue de La Ruche. Évidemment, il y a un grand nombre de produits qu’on ne pourra pas trouver à La Ruche qui dit Oui, et cela reste bien pratique de pouvoir compléter son panier avec des courses d’appoint. Autre conséquence, mes achats et donc mes repas sont davantage en adéquation avec le « rythme des saisons », même s’il m’arrive de céder à l’achat de quelques avocats (pas toujours mûrs) venus du Pérou lorsque l’envie d’un guacamole est trop forte ! Cela fait un peu « grand-mère », mais je trouve ça plutôt sympathique également d’acheter une cagette de 5 kg de tomates pour préparer des bocaux qui serviront à agrémenter des plats tout au long de l’hiver, quand l’été ne sera plus qu’un lointain souvenir.

la ruche qui dit oui distribution 2

Pour que mon billet soit complet, j’ai envie de vous parler aussi des voix qui remettent en cause la démarche de La Ruche qui dit Oui, critiquant notamment le fait que les producteurs perçoivent « seulement » 83,3% du prix payé par le client. Rue89 Bordeaux a publié il y a quelques mois un billet intéressant à ce sujet. La question de la marge se pose évidemment, et il faut reconnaître que les AMAP (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne) offrent sans doute des conditions financières plus favorables aux producteurs, néanmoins je trouve que La Ruche qui dit Oui fait preuve d’une assez grande transparence sur sa gestion. On peut également critiquer le fait que de nombreuses ruches font appel à des bénévoles qui accueillent et orientent les « abeilles » lors des distributions (or il y a quand même une entreprise en bout de chaîne). Une remarque pour nuancer ces éléments : toutes les ruches implantées à Bordeaux fonctionnent jusque-là de manière bénévole, c’est-à-dire que le ou la responsable de Ruche n’a pas d’intérêt personnel à l’organisation de ces ventes, même si la « maison mère » perçoit un peu plus de 8% des ventes. Quoi qu’il en soit, je salue l’idée d’acheter en circuit court (qui sera toujours meilleure que d’opter pour la grande distribution), et j’aime aller à la rencontre des producteurs pour avoir leur ressenti sur le sujet et connaître un peu mieux leurs préoccupations. Pour les plus curieux-ses, ce document présente en détail le concept de La Ruche qui dit Oui, son fonctionnement et ses engagements.

Si vous souhaitez devenir une « abeille », n’hésitez pas à chercher la Ruche la plus proche de chez vous ! Pour ceux qui connaissent, que pensez-vous de ce système ?

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